Lettre ouverte aux autorités haïtiennes
Depuis plus de 2 ans, de nombreux concitoyens sont gardés en prison sans jugement, en violation flagrante de notre Constitution et de la plus élémentaire morale. Il est plus que temps que soit mis fin à cette injustice qui déshonore le système judiciaire haïtien et est incompatible avec la réconciliation que toute la nation appelle de ses vœux.
Les soussignés expriment leur solidarité à ces centaines de victimes de l’arbitraire, riches ou pauvres, notables ou anonymes. Cependant, le sort de monsieur Yvon Neptune les interpelle et les préoccupe particulièrement, vu les lourdes responsabilités qu’il a acceptées pour servir son pays, mais plus encore parce que sa santé est compromise et sa vie en grave danger. La nation et le monde entier sont en effet témoins, que confronté à la vindicte des uns et au manque de courage des autres, Monsieur Neptune a été forcé à la grève de la faim, ultime recours d’un citoyen arbitrairement privé de ses droits les plus élémentaires.
Nous ne saurions assister dans le silence et l’indifférence à la mort lente d’un homme dont même les adversaires politiques s’accordent à reconnaître le sérieux, l’honnêteté et le sens du devoir. Si la santé d’Yvon Neptune était irréversiblement compromise ou s’il devait succomber en prison, nous en porterions tous une part de responsabilité. Cependant, plus que tous, les détenteurs de l’autorité se rendraient coupables d’une telle tragédie et des conséquences désastreuses qu’elle entrainerait pour notre pays.
Nous en appelons donc au pouvoir judiciaire, en particulier aux juges de la Cour d’Appel des Gonaïves pour qu’ils mettent fin au lynchage de monsieur Neptune. Ce sont des membres de ce pouvoir qui ont condamné de fait, Yvon Neptune à plus de 2 ans de prison, sans l’avoir entendu et encore moins jugé. Les artisans de cette situation inique, ont foulé aux pieds le principe sacré de la présomption d’innocence, privé un citoyen de sa liberté, de ses droits civiques et mis en danger sa santé et sa vie même.
Quoiqu’on puisse penser de la véracité des accusations portées contre monsieur Neptune, rien ne saurait justifier la détention préventive d’un citoyen qui n’a cessé de clamer et de prouver sa volonté de se tenir à la disposition de la justice, ce au mépris même de sa sécurité physique. De même, l’acharnement inqualifiable à maintenir Yvon Neptune en prison est une insulte à la justice et au sens commun. Par ailleurs, on ne compte plus les cas où le système judiciaire a libéré provisoirement ou définitivement, des citoyens contre lesquels les charges étaient plus probantes que celles reprochées à Yvon Neptune. Celui-ci est donc victime d’un traitement discriminatoire qui confine à l’infamie. Le premier responsable du calvaire de l’ex-Premier Ministre est évidemment le pouvoir judiciaire et il lui revient de corriger ce grave déni de justice.
Il convient cependant de souligner que la Constitution enjoint le Président de la République de veiller au bon fonctionnement des institutions et il crève les yeux que dans le cas de Neptune l’institution judiciaire a fonctionné de manière exécrable. Quant au Premier Ministre récemment confirmé par le Parlement haïtien, il sait pour avoir déjà occupé ce poste, tout le poids de la charge assumée par Yvon Neptune, dans les conditions difficiles que l’on sait. Le pouvoir exécutif, et en premier lieu le Chef de l’État et le Chef du Gouvernement doivent indiquer clairement leur intérêt et leur préoccupation face à une affaire aussi grave, qui empoisonne le climat socio-politique.
Les membres du pouvoir législatif devraient pour leur part, manifester leur solidarité à Yvon Neptune, qui il n’y a pas si longtemps était Sénateur de la République et Président de l’Assemblée Nationale.
Finalement, nous exhortons tous les Haïtiens et amis d’Haïti que révolte le sort infligé à Yvon Neptune, à joindre leurs signatures à cette lettre ouverte ou à manifester haut et fort leur indignation devant tant d’injustice, de la façon qui leur semblera la plus appropriée. Nous adressons cette demande de manière spéciale à ceux qui ont occupé la fonction de Premier Ministre, depuis la création de ce poste par la Constitution haïtienne.
Non à l’esprit de vengeance et au lynchage judiciaire !
Qu’ Yvon Neptune recouvre la liberté et soit rendu à l’affection de sa famille et de ses amis !
Marie-Célie Agnant Marie Carmel Paul Austin Antoine Augustin Gilbert Bazabas Ronald Blain Serge Calvin Etzer Charles Gilbert Coicou Hervey Day Jacqueline Delorme Jacques Dorcéans Patrick Elie Jean Fleurant Job Glorius Frantz Grandoit Fequière Guerrier Edwin Innocent Emile Jean-Baptiste Yves Joseph Gary Klang Josaphat Robert Large Jean Frantz Lasserre Roger Lefèvre Jean Léon Legros Mozart Longuefosse Richard Montas Jean-Claude Neptune Jean-Yves Noël Roland Paret Raoul Pierre-Louis Annie Pierre-Noël Guy Serge Pompilus Raymonde Préval Wisler Prophète Dukens Raphaël André Regis Jean-Claude Roche Carole Roy Ronald Saint-Jean Anthony Virginie Saint Pierre Yva Samedi Lenous Surpris James Thomas Stecher Patrick Vieux Marie-Claude Vieux Leslie Voltaire Georges Werleigh Maxime Zoéma













